Adieu Alix

Adieu Alix, adieu mon merveilleux chien.

Tu es parti en quelques heures. Nous n’ avons rien compris. Le matin tu étais en pleine forme. Le soir, en rentrant, tu n’étais pas à ton poste de guet, sur le perron de l’escalier extérieur d’où tu commentais ce qui se passait dans la rue.

Le vétérinaire qui a pratiqué l’autopsie soulève plusieurs hypothèses.

Tu es parti trop tôt, comme beaucoup de grands. Le 14 août, tu aurais eu 8 ans.  Je le savais, je pense, inconsciemment. On me taquinait, moi qui aurait voulu garder tous tes chiots, pour être sûre que tu ne meurs jamais vraiment. Eloy, Fée-Liz, Hekla. Ils ont tous quelque chose de toi mais pourtant chacun est unique et aucun ne peut te remplacer. Tes mimiques, ton regard, ta gentillesse, ton intelligence, tout ce qui tu as apporté à ma vie.  Notre relation fusionnelle.

Je regarde les centaines de photos que j’ai de toi. Quand tu étais tout petit. Le soir du 15 août 2005 où, folle de joie, j’ai téléphoné à toute la famille pour annoncer ton arrivée prochaine. A quinze jours, tu avais déjà 3 colliers.

Quand tu as ramené ton premier canard au TAN des teckels. Les parcours d’agility au club canin, que tu adorais, ce qui prouve l’éveil de ton d’esprit. Ta passion débordante pour les jeux de ballon. Il avait rarement l’occasion de toucher terre, tu l’avais attrapé avant !

Nos vacances en Hollande en 2006, pays des chiens s’il en est, où tu as trouvé les vagues bien à ton goût. C’était la première fois que tu voyais la mer.

Toujours 2006. Ton TAN, où j’étais si incompétente mais si fière de toi. Nos longues randonnées dans le Vexin avec ton copain Astuce. Cette bande de copains qui s’est formée grâce à toi et par la magie d’internet. Les entraînements et les invitations, dans le Périgord, en Beauce, dans l’Oise, en Pays de Loire, en Bretagne... La visite de Samy, la Korthals Québecoise.... Depuis ton entrée dans ma vie, les weekends n’étaient plus assez longs et la table s’allongeait.

La nationale d’élevage de Quincampoix et la joie qui a brûlé mon coeur pendant des semaines.

La rencontre avec Christian Charron, ton dresseur. Quand tu étais avec lui, je n’existais plus. Tu ne pensais qu’à retourner dans les betteraves. Les entrainements et les field trials, je ne connaissais pas mais j’ai adoré ça. Le cœur qui s’arrête pendant le parcours. Et toi, si beau, si beau, fendant blé ou betteraves avec ton port de tête royal... et soudain... arrêt... Tu aurais pu faire une grande carrière en travail si tu étais tombé entre d’autres mains que les miennes. Mais j’ai privilégié ton confort et n’ai jamais supporté que tu sois loin de moi.

Car tu as eu une belle vie. Tu faisais partie de la famille. En 2007, j’ai quitté les Yvelines pour l’Eure. Des heures de trajet pour aller au boulot, mais c’était le prix à payer pour que tu aies enfin un beau jardin et ne soies plus enfermé la journée. 

A la chasse, on s’arrêtait pour te regarder travailler. Certes, il fallait suivre. Tu ne quêtais pas dans les jambes et tu étais souvent sourd quand ça t’arrangeais. Mais quand on a goûté à ça, les autres chiens sont d’un ennui...

J’ai passé mon permis pour ne plus dépendre des invitations des autres. Je suis restée une piètre tireuse et tu as vite compris qu’il valait mieux attraper les cocottes par tes propres moyens que d’attendre que j’atteigne le but. Après ça, fini la sagesse à l’envol et les classements. Mais tu étais bien aise de ramener l’oiseau à bon port et je ne ne pouvais pas t’en vouloir.

Quand j’ai rencontré Eric, toujours grâce à toi, tu as eu enfin un chasseur digne de tes mérites. A vous deux, le tableau était fait, même si ça râlait à côté.  Betteraves, marais, bois, tu as été vraiment à la fête.

 

On avait plein de projets pour toi. Et d’abord de te remettre aux ordres pour t’emmener sur gibier naturel. Certes, à près de 8 ans, tu t’étais assagi et c’est tes enfants qu’il fallait désormais siffler de tous nos poumons. Mais il y en avait encore sous le capot et quelle expérience tu avais.

Ta dernière photo, avril 2013.

Désormais, ta descendance prend la relève. Il aura fallu en faire des kilomètres pour qu’enfin on te donne ta chance comme étalon. Mais encore une fois, la magie d’internet a opéré. La famille des Mordorées Automnales a "pris le risque" et à permis à Eloy et Etna d’exister et d’être vus. Et après il y a eu Flambeau, Forest, Fripon, Flash, Fleur, les bébés-Bavière et les bébés-Astuce, et tous les autres.  

Ils continueront ton histoire.

Nous avons déposé une demande d’affixe pour la continuer aussi avec toi.

Hélène et Eric